Crit’Air: Strasbourg le 1er novembre 2017

Crit’air à Strasbourg

I. L’air : une problématique transversale, transfrontalière et actuelle

La pollution atmosphérique est un enjeu de santé publique majeur. Elle a un impact sur la qualité de vie des habitants et sur l’attractivité du territoire.
L’agglomération strasbourgeoise est concernée par une pollution de fond aux particules fines et au dioxyde d’azote.

Elle décide la mise en place de la vignette Crit’Air à Strasbourg .

C’est une problématique partagée à l’échelle du bassin d’air du Rhin supérieur. Chacun doit agir sur son territoire et œuvrer de concert avec ses voisins pour diminuer les émissions de polluants dans l’atmosphère.

La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg ont développé pour leur territoire une stratégie intégrée en matière de qualité de l’air.  Elles est menée en cohérence avec les actions déjà engagées et le Plan de Protection de l’Atmosphère.
Sur le territoire de l’agglomération strasbourgeoise, il est encourageant de constater une amélioration progressive de la qualité de l’air  depuis 15 ans.
Néanmoins, la politique en faveur d’une meilleure qualité de l’air doit être renforce au regard des enjeux sanitaires, économiques et sociaux.

Enjeux de santé publique

Peu nombreuses il y a encore quelques années, les études scientifiques sont  de plus en plus fréquentes et précises. Elles mettent en évidence le lien entre niveau de pollution atmosphérique, morbidité et mortalité prématurées.

En juin 2016, l’agence “Santé publique France” livrait ses nouvelles données et perspectives sur les impacts sanitaires de la pollution de l’air. Environ 48 000 décès par an en France dont 5 000 dans le Grand Est.

En ce qui concerne plus spécifiquement Strasbourg, une étude sanitaire et économique de la pollution atmosphérique urbaine dans 25 villes européennes a été mené.

Elle précise les gains en termes d’espérance de vie qui seraient atteints si les niveaux moyens annuels de particules fines (PM2,5) étaient ramenés à 10μg/m3 (valeur guide de l’OMS). Ce gain serait de 5,7 mois d’espérance de vie, à 30 ans, à Strasbourg.

Enjeux économiques

Le rapport de la commission d’enquête du sénat estime  à plus de 100 milliards d’euros par an  le coût économique et financier de la pollution de l’air .

Enjeux sociaux

Depuis plusieurs années, le nombre de personnes sensibles exposées à des dépassements de valeurs limites est en baisse sur le territoire de l’Eurométropole. Il s’agit  notamment des jeunes enfants, personnes hospitalisées, personnes âgées,…

Il persiste cependant des inégalités importantes d’exposition de la population vis-à-vis de la pollution de l’air.

La priorité de l’Eurométropole de Strasbourg:

Elle réside dans le déploiement d’une variété d’actions de fond développées dans l’ensemble des politiques structurantes de la métropole: urbanisme, habitat, énergie, transports, agriculture, biodiversité, etc… . L’idée est d’agir sur la qualité de l’air .

En complément, pour répondre aux situations de crise pendant les pics de pollution, des mesures d’urgence seront renforcées et anticipées.

II. Des mesures spécifiques sont déployées de manière progressive lors d’un épisode de pollution

Un pic de pollution survient lorsqu’une trop grande quantité de polluants est mesurée dans l’air que l’on respire. Selon l’intensité de l’événement, différents seuils peuvent être atteints.

Seuil “d’information et de recommandation”

Des recommandations sanitaires et comportementales sont formulées à l’intention des personnes sensibles et vulnérables: les femmes enceintes, enfants, personnes âgées, asthmatiques, insuffisants cardiaques ou respiratoires….

Toutefois, si l’épisode persiste ou si le niveau de pollution atteint le seuil dit “d’alerte”, le préfet déclenche une nouvelle série de mesures. Elles sont appelées “mesures d’urgences programmées”. Elles sont complétées par un plan d’urgence volontaire de l’Eurométropole de Strasbourg.Crit'Air à Strasbourg

Les étapes:

En cas d’épisode de pollution hivernal aux particules, au premier jour de la procédure d’alerte, les mesures de niveau 1 sont déclenchées : la vitesse maximale sur les axes autoroutiers est abaissée de 20km/h,.

Puis, une interdiction du brûlage à l’air libre des déchets verts et l’utilisation des appareils de chauffage au bois d’agrément est interdite.

Une réduction des émissions sur les sites industriels les plus importants.

Une mise en place d’une tarification réduite sur les locations de vélos et sur les transports en commun.

A partir du 2e jour d’alerte, les mesures de niveau 2 viennent compléter le dispositif déjà en place. Extension de la baisse de la vitesse maximale, sur l’ensemble du réseau routier (sans descendre en dessous de 70km/h).

Si néanmoins l’épisode persiste, de nouvelles mesures de niveau 3 peuvent être déclenchées à partir du 4e jour.

Toutefois l’épisode de pollution le nécessite, le dispositif peut à tout moment être renforcé par la mise en œuvre de mesures d’urgence “non programmées”: la circulation différenciée.

De plus, la Préfecture du département du Bas-Rhin et l’Eurométropole de Strasbourg prévoient une nouvelle mesure d’urgence.  Ainsi, à partir du 1er novembre 2017, en cas d’épisode de pollution atmosphérique long et intense : la circulation différenciée.

III – La mise en place de la circulation différenciée à partir du 1er novembre 2017

Le trafic routier est responsable en grande partie des émissions d’oxydes d’azote et pour partie des émissions de particules fines.

Pour cette raison, lors d’un épisode de pollution long et intense, il est important d’agir sur les secteurs d’activités les plus contributeurs. Il est impératif de réduire la quantité de polluants dans l’air à un niveau acceptable pour la santé des personnes.Crit'Air à Strasbourg

Le dispositif de circulation différenciée permet d’agir sur le transport routier, source d’émission majoritaire pour les oxydes d’azote et émission de particules.

Qui doit s’équiper du certificat “Crit’Air” ?

Tous les véhicules motorisés.

Chaque véhicule motorisé souhaitant circuler en période de pic de pollution doit s’équiper du certificat “Crit’Air”, quel que soit le type de véhicule :  voiture, poids lourd, utilitaire, deux-roues.

Qui sera concerné en période de pic de pollution ?

Les véhicules sans certificat et les véhicules équipés des certificats “Crit’Air” 5 et 4.

Pour une première période maximale de 2 ans, la restriction de circulation s’appliquera à ces 2 catégories de véhicules .

Dans un second temps, elle pourra être renforcée en fonction de la situation locale et des niveaux de pollution constatés.

En d’autres termes seront interdits de circuler :

  • les 2 roues, tricycles et quadricycles à moteur de plus de 13 ans
  • les véhicules légers essence de plus de 21 ans et diesel de plus de 12 ans
  • les véhicules utilitaires légers essence de plus de 20 ans et diesel de plus de 12 ans
  • les poids lourds essence de plus de 16 ans et diesel de plus de 8 ans